« 8 rue du paradis code 12A7 escalier B 6ème étage au fond à droite. Viens ». Devant la sollicitation de cet homme dont je ne connais presque rien, mon pas hésite, la sagesse s'évapore. La brume de Belleville gagne mon esprit ; l'envie et la raison s'y disputent. Mais où est l’arbitre ? Qu’il décide à ma place !
" - Vous allez où mademoiselle ?" demanda le chauffeur de taxi.
Un ange passe et emporte avec lui la raison.
" - Rue du Paradis."
Six étages plus haut, un regard sur ma silhouette, un demi sourire sur mes bas...
"- Tu as de jolies jambes."
Deux cigarettes, une main sur mon genou, deux baisers dans le cou...
"- Tu es chargée d’érotisme."
Trois vodka cranberry, une paume sur ma gorge, deux doigts sur les rubans de ma dentelle pourpre...
" - J’ai envie de toi."
Quatre heures du matin ; je renfile mes bas, ma dentelle et mes illusions. Ce que j’aurai le plus aimé ? Contempler le dessin de la grâce sur son visage quand il s'abandonne au plaisir, voir ses paupières s’étreindre et entendre le vent de la jouissance souffler de sa bouche en s’engouffrant, doucement, lentement.
En quittant le paradis, l'ironie de la géographie parisienne se moque de moi. J’aurai le choix entre emprunter la rue de la Fidélité et la rue Papillon. Mais ai-je vraiment eu le choix ?
